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Leçon · DEC-06 · Piles et alimentations · 3/4

Approfondir : résistance interne et décharge réelle

4 étapes·20 min·0/4 fait·quiz à réussir
voix

À vide, ta affiche fièrement 4, ; le démarre, et tout s'effondre. Ni magie ni panne : chaque pile cache une petite , invisible sur l'étiquette, qui grandit avec l'âge. Cette leçon te donne le modèle qui explique le plongeon — et l'outil pour mesurer la santé de n'importe quelle pile.

📖 Comprendre

1. Le plongeon en charge

Installe le à demeure sur la pile du robot et regarde-le pendant que tu allumes les : 4, au repos… 4,3 V dès qu'ils tournent… et une remontée immédiate quand tu coupes. La plonge exactement quand on lui demande un effort, et d'autant plus bas que le est grand. Ce plongeon n'est pas une anomalie : toutes les le font, même neuves.

Ce qui change tout, c'est l'AMPLEUR. Une neuve plonge d'un dixième de volt et personne ne s'en aperçoit ; une pile fatiguée s'effondre d'un volt entier et le robot cale ou redémarre. Même étiquette, même à vide, comportements opposés : le plongeon en charge est la vraie carte d'identité d'une pile — et il mérite une explication. La voici.

pile saine (r = 0,5 Ω)4,50 VMau reposà vide, toutes les piles mentent bien : 4,5 V affichés

2. Le modèle : source parfaite + résistance interne

Ouvre une en pensée. À l'intérieur, dessine deux choses : une source PARFAITE, qui tient sa quoi qu'il arrive — appelons-la E, la tension à vide — et, avec elle, une petite r : la . Ce n'est pas une pièce ajoutée, c'est la chimie elle-même : les matériaux de la pile freinent leurs propres charges au passage. Tout ce que la pile fournit doit traverser ce péage.

Le modèle explique tout. À vide, aucun : le péage ne prélève rien (r × 0 = 0) et le lit E en entier — voilà pourquoi une mourante paraît en forme au repos. En charge, le courant I traverse r et y abandonne r × I : la ne reçoit plus que U = E − r × I. Notre pile de 4, avec r = 0,5 Ω, chargée à 300 mA : chute = 0,5 × 0,3 = 0,15 V, il reste 4,35 V. La même vieillie à 2 Ω : chute de 0,6 V, il ne reste que 3,9 V.

+pilerésistanceLED20 mA20 mAboucle fermée : le même débit partout

3. La décharge réelle : la pente, puis le mur

Suis maintenant la sur des heures au lieu de secondes. Elle ne descend pas en ligne droite : l' glisse doucement de 1,5 vers 1,2 V pendant l'essentiel de sa vie, puis dégringole d'un coup vers 1, et en dessous — une longue pente, puis un mur. Les chimies à plateau, nickel et lithium, exagèrent encore : la tension campe (1,2 V, 3,7 V par élément) pendant des heures… et le mur arrive presque sans prévenir.

Deux conséquences pratiques. D'abord, au milieu du plateau, la renseigne très mal sur le niveau du réservoir — 3,7 V peut signifier 70 % restants comme 30 %. Ensuite, quand la tension commence VRAIMENT à baisser, il ne reste presque rien : c'est le moment de rentrer, pas de finir le tour. Dernier détail : vider vite fait chauffer la , qui gaspille une part de la réserve — une vidée à gros rend moins de que son étiquette.

4. Mesurer la santé : deux mesures, une division

Le modèle te donne un stéthoscope. Mesure E à vide, puis U en charge avec un I connu : la s'en déduit, r = (E − U) ÷ I. Pack neuf : 4,8 V à vide, 4,65 V sous 300 mA → r = 0,15 ÷ 0,3 = 0,5 Ω. Pack fatigué : 4, à vide, 3,9 V sous 300 mA → r = 0,6 ÷ 0,3 = 2 Ω. Quatre fois plus de péage : cette décrochera à la première pointe sérieuse.

C'est aussi l'explication d'un bug célèbre : le robot qui REDÉMARRE à chaque départ de . La pointe de démarrage — 1 A et plus — traverse la , la du pack plonge sous le minimum vital du cerveau, et celui-ci s'éteint puis reboote. Rien à corriger dans le : c'est la qui parle. Diagnostic en une mesure : la tension en charge, pendant la pointe.

🧮 Exemple guidé : le robot qui redémarre

Le rouleur reboote à chaque démarrage des moteurs. Sa pile affiche 4,5 V à vide ; la pointe de démarrage tire 1 A ; le cerveau s'éteint sous 3,5 V. Au banc, la pile mesurée montre r = 2 Ω. Explique le bug, calcule la résistance interne maximale tolérable, et dis si une pile neuve (r = 0,5 Ω) règle le problème.

  1. 1.Chute admissible pendant la pointe : 4,5 − 3,5 = 1 V au maximum.
  2. 2.Résistance interne maximale : r = 1 V ÷ 1 A = 1 Ω. Au-delà, le cerveau décroche.
  3. 3.Pile actuelle : chute = 2 × 1 = 2 V → le pack tombe à 4,5 − 2 = 2,5 V : reboot garanti à chaque pointe.
  4. 4.Pile neuve : chute = 0,5 × 1 = 0,5 V → 4,0 V au plus bas : le cerveau garde 0,5 V de marge.

Le bug n'a jamais été logiciel : à 2 Ω, chaque pointe enfonçait le pack un volt sous le minimum vital. Une pile à moins de 1 Ω règle tout — et tu sais désormais obtenir ce chiffre en deux lectures et une division.

🛠 Pratiquer sur l'établi

  1. 01Mesurer une à vide puis en charge : le plongeon

    Garde le sur la et bascule les : note la au repos, en croisière et pendant la pointe de démarrage. Refais le trio de mesures sur la pile fatiguée : même repos, plongeons très différents. Réussi quand tu sais dire lequel des trois chiffres juge vraiment une pile — celui de la pointe.

    sur l'établi
    pile 3,3 V220 ΩLEDVen PARALLÈLE, sans ouvrir la boucleaux bornes de la LED : sa chute, 2,0 V

    📖 Termes de cette étape

Objectifs

  • +Expliquer la qui plonge en charge
  • +Tracer une courbe de décharge
  • +Estimer l'état d'une
🧪 S'entraîner dans le bac à sable

Quiz de validation

À réussir pour valider la leçon

Réponds de mémoire, sans remonter la page : c'est l'effort de rappel qui grave le cours. Les trois bonnes réponses valident la leçon.

1. Pile : E = 4,5 V à vide, r = 0,5 Ω. Le montage tire 300 mA. Tension aux bornes ?

2. À vide : 4,5 V. Sous 500 mA : 3,5 V. Quelle résistance interne ?

3. Pourquoi une pile mourante affiche-t-elle encore une belle tension à vide ?

🧠 Ce qu'il faut retenir

  • 1.Toute cache une : plus elle vieillit, plus elle grandit.
  • 2.Le plongeon de en charge mesure la santé de la mieux que la tension à vide.
  • 3.Une décharge n'est pas linéaire : la fin de vie tombe d'un coup.