Le plus dur, en programmation, n'a jamais été d'écrire : c'est de savoir QUOI écrire. Cette leçon t'apprend le vrai métier : décrire un comportement en phrases simples — en français —, le dérouler à la main jusqu'à ce qu'il tienne debout, et traduire en dernier, presque mécaniquement. Compteur d'appuis, morse lumineux, jeu du réflexe : trois comportements complets, pensés avant d'être codés.
📖 Comprendre
1. Décomposer : l'algorithme s'écrit en phrases
Un est une recette : la suite ordonnée des étapes qui produisent le comportement, indépendante de tout langage. On l'écrit en phrases courtes, dans SA langue, une action par ligne : « attendre un appui ; mesurer sa durée ; si elle atteint une seconde, remettre à zéro ; sinon ajouter un ; afficher ». C'est du pseudo-code : lisible par toi, par un camarade, par n'importe quelle machine à venir — et par toi dans six mois.
Pour décomposer, trois questions suffisent : que doit SAVOIR le robot — ce seront les ; à quoi doit-il RÉPONDRE — ce seront les conditions ; qu'est-ce qui se RÉPÈTE — ce seront les boucles. Pose-les sur n'importe quel comportement, du compteur d'appuis à l', et le squelette du apparaît avant la première ligne de code. Percevoir, décider, agir : le des trois blocs est ton plan de découpe.
2. Dérouler à la main : le tableau de valeurs
Dérouler à la main, c'est exécuter l' sur le papier : une colonne par variable, une ligne par tour de boucle, et l'on joue la machine sans tricher — chaque valeur notée, chaque condition tranchée par écrit. Une erreur de logique découverte là coûte un coup de gomme ; la même erreur découverte dans le code coûte une soirée de débogage — et parfois un robot dans le mur.
L'art du déroulé, c'est le choix des scénarios : le cas normal, bien sûr, mais surtout les cas vicieux — la valeur au , le tout premier tour, la vide. C'est le déroulé qui fait surgir la question « un appui de pile une seconde : court ou long ? » — et l' DOIT trancher, par un « ou plus » écrit noir sur blanc, avant que le code n'en décide au hasard à ta place.
3. Traduire en dernier, tester par morceaux
Quand l' tient debout, la traduction devient un travail d'artisan tranquille : chaque phrase du pseudo-code correspond à une brique connue — attendre, un tant que ; compter, ; trancher, un si. On traduit à la fois et on la teste seule : le morse lumineux doit battre correctement le chiffre trois sur commande avant d'être branché au compteur. Assembler des pièces déjà sûres, c'est déboguer dix lignes au lieu de cent.
Et quand le montage complet déraille, le réflexe du maître : relire l' d'abord, pas le code. Re-dérouler à la main sur le scénario qui échoue — neuf fois sur dix, la faille est dans la logique, pas dans la traduction. Le défi du jeu du réflexe se gagne exactement ainsi : décrire, dérouler, traduire, tester par morceaux. Même les comportements qui impressionnent ne sont que cette méthode, appliquée sans se presser.
🧮 Exemple guidé : dérouler le compteur d'appuis
Algorithme : « à chaque appui, mesurer sa durée ; si elle atteint une seconde ou plus, remettre le compteur à zéro ; sinon, ajouter un ». Scénario : quatre appuis de 0,2 s, 0,3 s, 2 s et 0,4 s. Déroule le compteur à la main.
1.Départ : compteur = 0. Appui 1 : durée 0,2 s, sous la seconde — court : compteur passe à 1.
2.Appui 2 : durée 0,3 s — court encore : compteur passe à 2.
3.Appui 3 : durée 2 s — une seconde ou plus : long. Remise à zéro : compteur = 0. Les deux appuis comptés sont effacés — c'est le comportement voulu.
4.Appui 4 : durée 0,4 s — court : compteur = 1. Fin du scénario : la boîte contient 1, et chaque transition est justifiée par écrit.
Quatre lignes de tableau, zéro ligne de code, et l'algorithme a déjà prouvé qu'il tient — y compris sur le piège de l'appui de pile une seconde, tranché d'avance par le « ou plus ». La traduction peut commencer : elle ne sera plus qu'un travail de copie soignée.
🛠 Pratiquer sur l'établi
01Écrire le pseudo-code du compteur d'appuis avant le vrai code▶
Crayon d'abord : écris le pseudo-code du compteur d'appuis en phrases courtes, une action par ligne, puis étiquette chaque ligne avec sa brique — variable, condition, boucle. Vérifie que les trois questions ont leur réponse : que doit savoir le robot, à quoi répond-il, qu'est-ce qui se répète ?
▶ sur l'établi
02Coder le compteur : appui court +1, appui long remise à zéro▶
03Afficher le compte en morse lumineux sur la ▶
04Défi : le jeu du réflexe — aléatoire, appui chronométré▶